Ca c’est la vue depuis ta chambre.
Mais tu t’en fous. Emmurée dans ton silence, tu es là sans vraiment être là.
Alors je viens te chercher là où tu es. Avec des jeux d’enfants où tu dois mettre des ronds dans des ronds et des carrés dans des carrés, avec des cartes aussi. Toi qui aimais tant les jeux de cartes, qui nous a appris, à nous et à nos enfants, à jouer aux tarots, tu n’es pas plus capable de faire une partie. Mais lorsque nous te montrons une carte, tu parviens à nous dire ce que c’est. Et c’est bon d’entendre ta voix.
Mais au bout de 4 ou 5 cartes, tu décroches, alors je te raccroche par la sensorialité. Un petit snif au jasmin que tu adores, un morceau de musique, un massage.
Et les après-midis en ta compagnie passent ainsi. Mais je ne peux pas être là tout le temps.
Et le personnel non plus. La perte d’autonomie est un cercle vicieux et sournois que je regarde t’emporter avec impuissance.
Maman.
