Le mot de l’auteur

Ecrire est pour moi une nécessité, je ne peux pas faire autrement. Il y a quelque chose qui me pousse au train, qui m’aspire, et qui fait que plus rien autour de moi n’existe à ce moment précis, à part mes doigts sur ce clavier, et ce grand sourire intérieur béant qui me nourrit et me guide.

Pauline Dumail

Aussi loin que ma mémoire me permette de remonter, j’ai toujours lu. Je dévorais des livres comme une évidence, croyant que tout le monde était habité par ce même feu.

Et j’ai toujours écrit, croyant là aussi que tout le monde faisait de même.

Jusqu’à il y a encore peu de temps, quand quelqu’un me demandait ce que je faisais dans la vie, mon cœur s’emballait, stressé, paniqué, car je ne savais pas quoi répondre. Aromathérapeute ? Entrepreneure dans l’événementiel en création de parfums ? Communicante freelance ? Je suis tout cela à la fois, mais que pouvais-je répondre face à la réalité mondaine que j’avais en face de moi ? tic-tac, tic-tac, vous avez 19 secondes pour me dire dans quelle case je dois vous mettre… Alors parfois, je souriais, et je répondais : « je suis attrapeuse de rêves ».

Il ne me serait pas venu à l’esprit de répondre « écrivaine ». L’écriture dans ma vie n’appartient pas au verbe faire, mais au verbe être. L’extraire de moi pour parvenir à prononcer ce mot, « écrivaine », a été un long processus. Elle était là pourtant, tapie entre mes lignes. Elle s’était frayée une petite place en catimini au sein de mes autres sites webs, qui mettaient en avant mes autres activités. Comme si elle voulait s’excuser d’exister, juxtaposant ses lettres, développant ses phrases, mais à voix basse, pour que personne ne l’entende.

Depuis quelque temps, quelques semaines, quelques mois peut-être, pas beaucoup, lorsqu’on me demande « que fais-tu dans la vie », et que je réponds « écrivaine », mes yeux s’allument d’un feu étoilé digne d’Apollinaire, et mon coeur vibre d’une joie simple, celle d’être alignée.

Ecrivaine, aromathérapeute, communicante, je suis tout cela à la fois, l’un n’exclut pas l’autre. Nous sommes tous des êtres complexes et multi-dimensionnels.

La communication fait travailler l’esprit. L’aromathérapie travaille le corps. Quant à l’écriture, c’est mon âme qu’elle nourrit. La partie supérieure de mon être. Et sans cette partie pleinement assumée de moi, le reste est à la peine, car ne trouve pas le sens de l’existence.

Alors puisqu’au moment où j’écris ce billet, tout le monde parle de « nouveau monde » avec ce déconfinement de mai 2020, je choisis, dans mon nouveau monde à moi, de donner une part entière à l’écriture, et de l’assumer pleinement, avec ce site, rien que pour elle.

Elle a toujours eu sa place dans ma vie, parce que comme déjà mentionné, je ne pouvais pas faire autrement. Mais c’était une place qui souffrait de légitimité. Légitimité envers moi-même sûrement, mais aussi société absurde dans laquelle nous baignons, qui demande que tout ce qui est produit soit source de profit, sans quoi c’est inutile, et même honteux (au mieux vous êtes un doux rêveur, au pire, vous êtes une feignasse).

Je n’en veux plus de ce monde-là. L’écriture fait partie de ma vie, elle me prend une part de mon temps et de mon énergie, elle nourrit ma créativité et mon âme, et je n’ai pas à en rougir.

Peut-être qu’un jour, je le souhaite, mon Ikigai se resserrera, et que mon écriture m’apportera le revenu financier dont j’ai besoin pour vivre. En attendant, ce site est un pas important vers cet Ikigai, une sorte «d’auto-reconnaissance» de la place qu’ont les mots dans ma vie. Enfin.

J’espère que ces lignes essaimeront des étoiles dans les cœurs de ceux qui les liront, et quelques prises de conscience sur la multi-dimensionnalité de leur être. Que cela fera naître ou approfondir une réflexion sur l’équilibre dans leur vie entre ce qui nourrit leur esprit, ce qui nourrit leur corps, et ce qui nourrit leur âme. Car lorsque l’esprit et le corps se mettent au service de l’âme, c’est le bonheur qui frappe à votre porte.

Au menu ici, des mots écrits, des mots parlés, des mots chantés parfois, et même… des mots parfumés. Bonne dégustation !

Pauline Dumail

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